On croit pouvoir oublier. Le temps passe et on n'y pense moins. Plus. Le souvenir s'estompe peu à peu. Au fil des années. Pourtant. Ca reste ancré quelque part. Là. Comme enraciné en nous. Jusqu'au jour où. Où il suffit d'un rien pour qu'il remonte à la surface et nous submerge comme une marrée subite. Sans préavis météo. Car il suffit d'un rien pour faire un tout. Derrière toute unité fondamentale se cache la diversité du multiple. Tout est parti de rien. Il m'a suffit d'un rien pour basculer. Déclencher la marée. Oui. Il a suffit de mots. De simples mots. Les mots d'une mère. Ma mère. Et voila. La marée m'a submergé et m'a entraîné au large. Je dérive. Dérive. Puis coule. Coule sous le poids et la force de tout ce qui était entrain de remonter paradoxalement. Mes parents sont pour moi, désormais des étrangers. Je suis simplement leurs exutoires et leur plus belle connerie jamais faite.